La plongée du corailleur
- lepecheurdecorail

- 8 nov. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 22 déc. 2025

Les préparatifs de la plongée commencent la veille avec l'inventaire du matériel et la confection des mélanges gazeux à base d'helium, d'air et d'oxygène indispensables à la réalisation de l'immersion.
Le soleil se lève, il y a pas de vent, la mer est calme comme dans un lac, il est temps de partir en mer.
Le sentiment d'isolement, de solitude et de liberté commence en navigant vers la zone de plongée.
A l'aide d'un sondeur, des cartes marines, le corailleur repère une zone corallifère.
Pourquoi ici ? Seul le corailleur la sait, mystérieux et pensif il sent le corail.
Il balise le rocher de la surface afin de descendre précisément sur la zone qui l'inspire.
Selon une sorte de cérémonial auquel on ne doit rien déroger, le plongeur s'équipe à l'aide du marin qui doit veiller à ce que tout soit en ordre sans troubler la concentration de celui-ci.
Le voila qu'il saute à l'eau dans l'inconnu, en solitaire et entame sa descente dans le bleu qui s'assombrit au fur et a mesure de la profondeur, le monde du silence de ce milieu hostile procure un sentiment d'exploration difficile à décrire entre aventure et goût du risque.
La descente s'accélère avec l'augmentation de la pression, un phénomène physiologique se met en place, comme si le cerveau et le corps se dissociait la plongée devient réflexes et le cerveau surveille en écoutant les sensations du corps.
Approchant du fond la montagne sous-marine se dessine peu à peu, le plongeur se rapproche du tombant et découvre à l'ombre du rocher les premières branches de corail qui s'illuminent de rouge sous la lumière du phare, la magie et l'émerveillement opère par cette beauté surprenante.
Le corailleur choisis des branches de tailles adultes puis commence à les taper avec sa marteline.
Il fait tomber les branches dans son panier au fur et a mesure qu'il se déplace pour localiser les plus beaux spécimens car le temps est compté.
Sous l'emprise de la narcose, dit ivresse des profondeurs, la réalité échappe au plongeur, cela devient fascinant, envoutant, irréel, apaisant caractérisé par une baisse de vigilance et devient un jeu dangereux entre la perte de conscience et cet état décollé de la réalité plutôt fantasmatique.
L'automatisme comme ange gardien, après 18 à 20 minutes au fond il est temps d'entamer la remontée mais pour cela il faudra maitriser la narcose.
Le temps écoulé, le plongeur gonfle un parachute qui se déroule depuis le fond afin de se signaler au navire et commence sa remontée très lentement puis commence sa décompression par paliers à partir de 35 mètres jusqu'a la surface.
La décompression durera environ 2h dans le bleu, durant ce temps l'esprit surveille les sensations du corps de l'apparition de fourmillements, gènes, douleurs articulaires, guette l'apparition de symptômes d'un accident de décompression.
Arrivé en surface sur le navire, le pêcheur contemple les branches de leurs formes de caractère et imagine déjà sa prochaine immersion.
Les corailleurs sont désignés comme les seigneurs de la mer, ce métier ne ressemble à aucun autre, il affronte le danger ou l'on s'y tient à la limite.
Le pêcheur de corail à le sentiment de vivre une aventure de recherche dans un monde étranger, cela provoque l'émotion, le plaisir comme une chasse au trésor qui excite la convoitise dans le but de se régaler !



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